Voici une présentation de ma découverte de la photographie et mon parcours.

Qui se cache derrière l'objectif ? :

C'est Pierre-Henry Muller qui se cache, effectivement je préfère habituellement être derrière l'objectif que devant.

Pierre-Henry Muller autoportrait
Autoportrait dans un wagon repris par la nature dans la gare de Canfranc
Pierre-Henry Muller par Asdeni.eu
Photo par Asdeni.eu dans une carrière souterraine
Quelles sont mes motivations ?

Depuis la découverte du monde caché qui entoure notre quotidien et dont la pratique est appelée Exploration Urbaine, Urbex ou Infiltration, je me suis attaché à rendre visible les activités humaines invisibles ou oubliées.

L'exploration urbaine regroupe plusieurs disciplines :

- La cataphilie ou ktaphilie : l'exploration des carrières souterraines, mines et catacombes
- les vides et galeries techniques
- les friches industrielles : les usines délabrées
- les bâtiments privés ou historique oubliés et à l'abandon
- la toiturophilie : les toits des immeubles

Tous ces lieux permettent d'avoir une vision du monde qui nous entoure plus seulement par ce qui est encore visible et imposé par les architectes mais par ce que nos ancêtres ont laissé en ces lieux avant nous. Les historiens et archéologues s'occupent de préserver notre passé lointain mais ils délaissent notre proche passé, celui dans lequel nos parents et grands-parents ont évolués.

Or ce patrimoine culturel et industriel notamment du 20ème siècle est en train d'être progressivement effacé. Peu ou pas d'importance sont donnés à ces lieux dont la grandeur est proportionnelle aux carrières entières que passait la majorité des employés. Une usine proche, c'était la mère nourricière de toute une ville, toutes les familles avaient un lien direct ou indirect proche avec l'activité de cette dernière. On travaillait en famille, on se transmettait le savoir. Dans ces usines on trouvait tous les corps de métier afin d'être autonome, avouez que l'on est bien loin des prestataires de services et de la perte par les entreprises de leur savoir et de leurs connaissances.

On parle souvent de « Paris la ville lumière » mais avant l'arrivée de l'électricité c'est la « Paris la ville blanche » en rapport aux pierres à bâtir et au plâtre fin comme le « blanc de Meudon ». Tous les matériaux qui ont servi à la construction de cette réputation, nous les devons à des carrières de pierre calcaire, de gypse et de craie extraite du sous sol de Paris et de l'île de France élargie principalement par l'Oise et l'Aisne.

Imaginez alors tous les endroits possibles où l'homme a laissé sa trace : traces d'un tailleur de pierre, d'un carrier qui des années durant dans la pénombre de quelques lampes à acétylène a extrait des blocs de roche. Paris ne serait rien sans eux, or ce sont malheureusement les hommes de l'ombre, on ne parle pas d'eux et on efface toutes traces de leurs activités.

Voilà ma plus grande motivation, identifier, répertorier, comprendre l'histoire et bien sûr photographier pour garder une trace de ce qui peut encore être sauvé et visité.

Mon matériel :

On me le demande souvent, même si l'appareil ne fait pas le photographe, il y contribut en grande partie.

J'ai travaillé étant plus jeune en argentique, mais par manque de moyen je ne m'en servais pas aussi souvent que je ne l'aurais voulu, aussi la transition numérique a été facilité par le budget photo.

- réflexe numérique Canon EOS 20D
- Canon EF-S 10-22mm f/3.5-4.5 USM, très apprécié quand on manque de recul
- Canon EF 24-105mm f/4L IS USM
- Canon EF 50mm f/1.4 USM
- Canon EF 100-400mm f/4.5-5.6L IS USM
- Tubes d'extension pour réduire la distance de mise au point
- Flash Canon Speedlite 580 EX
- Trépied Manfrotto 190ProB et tête Manfrotto 484RC2
- Monopode Manfrotto 680B
- une collection de filtre gris neutre du ND2 au ND8 en plein ou en dégradé entier ou semi
- télécommande, déport de flash, gélatines colorées et autres bricoles souvent pratiques

On peut ajouter à celà tout le matériel nécessaire pour éclairer de différentes manières, accéder, transporter le matériel en toute sécurité dans ces lieux souvent hostiles.

Vous verez sans doute sur certaines photographies, l'utilisation d'autres objectifs ou d'autres boitiers, c'est du matériel que j'ai en prêt ou un cours instant lors de sortie entre photographes.

Mes débuts :

Comme beaucoup d'enfants, j'ai toujours aimé jouer avec le matériel de mon père (appareil photo, camescope, ordinateurs, ...). Très vite sans connaître vraiment les différentes techniques, je respecte les cadrages pour le portrait et les différents paysages croisés pendant mes vacances. Avec le camescope, je joue à utiliser la contreplongée, des mouvements fluides avec des déplacements relativement stables. Que ce soit en vidéo ou en photographie, mon but à l'époque était simplement de ne pas faire comme toute le monde pour immortaliser un événement. Ce genre de films et photos vers mes 10-12 ans m'offre la reconnaissance de mes proches pour réussir les photos de famille et les souvenirs de vacances. C'est à peu près à cette époque que je découvre l'admiration que les gens ont face à une photo dans certaines conditions techniques en plus du sujet. Je suis définitivement convaincu lorsque par erreur j'effectue deux prises de la même photo, une cadrée plein centre prise sur le coup de la précipitation et une avec un peu plus de composition avec trois sujets (principal, secondaire et ligne de force).

La découverte :

Au lycée il y avait un laboratoire photographique avec chambre noire. Je m'y inscris dans le but de découvrir comment on développe et on agrandit une photo. Cela m'amuse et je découvre le sténopé, le développement de pellicule noir et blanc et de photos, l'agrandisseur.


Photographies Sténopé avec une boite de pélicule
Photographies Sténopé avec une boîte de pellicule

A cette époque j'avais un petit appareil argentique grand public mais je ne l'utilisais pas beaucoup faute de moyen pour les pellicules et le développement / tirage. Néanmoins ma passion première pour l'aéronautique me pousse à prendre une dixaine de pellicules à chaque Salon du Bourget. Cela me permet de travailler un peu plus avec l'agrandisseur de l'école pour faire mes premiers tirages grands formats en plus des 20x30 couleurs commandés au laboratoire.


Planche contact de négatifs du Salon du Bourget
Planche contact de négatifs du Salon du Bourget

Une autre expérience m'a particulièrement plu, les laboratoires de sciences naturelles étaient équipés de quelques très bons microscopes sur lesquels étaient présents une bague d'objectif afin de remplacer l'occulaire par un appareil photo. Notre professeur organise quelques séances avec des échantillons présélectionnés montrant les formes étranges et amusantes que la nature peut créer. De mon côté je décide de tout faire en noir et blanc afin de maîtriser toutes les phases de la prise de vue à l'agrandissement en passant par le développement des négatifs.


Photographies microscopiques de végétaux
Photographies microscopiques de végétaux


L'attente :

Le lycée est fini, les études dans l'informatique commencent. A cette époque du boom du numérique, j'achète un appareil photo numérique Fujifilm qui est pour l'époque un des rares à déclencher rapidement (il s'avère qu'il est très lent comparé à ce que l'on fait de nos jours). A l'époque où Sony était encore sur les apn avec des disquettes 3 pouces et demi, je fais le choix de cartouches mémoires et de piles normales plus pratiques pour les sorties à la journée. Je suis très loin des plaisirs du reflex, cette appareil ne m'offre aucun réglage possible à part un mode sans flash qui fait une pause d'une demi seconde maximum en montant un peu la sensibilité. Cependant faute de moyen suffisant cela me permet de réaliser quelques photos sympathiques.

Pendant mes études, j'approche l'association média de l'école qui est plus tournée vers la vidéo que la photo (délires étudiant oblige) . Nous réalisons quelques reportages sur les évènements de l'école (voyage au ski, séminaire d'intégration, soirées, ...). Même si dans le global, les reportages étaient intéressants, je n'ai pas trouvé de notion artistique dans ce que nous faisions lors des prises de vue, seul le montage permettait quelques folies.



La révélation :

Les études sont passées, ma vie a évolué, je m'installe en bonne compagnie, le quotidien du travail occupe mes journées, le sport revient le week-end. Au hasard d'une ballade en forêt à vélo, je découvre un bunker qui attire toute mon attention. Etant curieux, je cherche ce que peut faire un bunker en pleine forêt, mes recherches m'amenent à rencontrer d'autres passionnés d'exploration urbaine. Après échanges, je connais l'historique du lieu et peu de temps après on me contacte pour me proposer de descendre en carrière. J'accepte volontiers puisque les carrières et les catacombes étaient un monde que je désirais découvrir et mieux connaître qu'au travers de mes livres sur ce sujet, que je connaissais par coeur. A la suite d'une expédition photo à Safea en Belgique (considérée par beaucoup comme la référence en friche industrielle), usine qui allait être démolie sous peu, je rentre sur Paris déçu d'avoir raté mes photos à cause d'une sensibilité trop élevée sur un appareil de prêt. Pendant la semaine suivante, je décide de m'acheter mon matériel et retourner faire mes photos le week-end suivant.



C'est là que commence mon aventure photographique telle que je la dévoile depuis...

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