Urbex Exploration Urbaine

L’Exploration Urbaine appelé aussi Urbex, abréviation d’Urban Exploration depuis le début des années 2010, consiste en la découverte de lieux insolites souvent interdits d’accès où l’homme est à l’origine du lieu.

Exploration Urbaine Urbex et ses explorateurs urbains urbexers

Explorateurs urbains à la sortie d’un tunnel en cours de percement.

Urbex : explorer pour mieux comprendre

Les villes ont depuis plusieurs siècles eut besoin de réseaux, de lieux peu fréquentés pour prospérer. Le réseau métropolitain, galeries techniques, égouts, vide divers sont des exemples de ce qui se cache derrière une simple porte sur nos trajets quotidiens dans les villes. Par la visite de ces lieux, on comprend mieux les raisons de leurs existences, leurs usages, la façon dont ils ont été construit, pourquoi ils se trouvent ici et pas ailleurs.

Cette compréhension du monde qui nous entoure ou des événements passés cachés et oubliés est une histoire différente des livres scolaires. On peut prendre par exemple l’histoire insolite de Philibert Aspairt portier du Val de Grâce perdu dans les catacombes qui ne retrouva jamais la surface. Ou encore l’histoire de lieux prévus pour un usage puis finalement laissés de côté à l’image de ce qui devait être une gare de métro / RER sous la Défense.

Toiturophilie : visite des toits des villes

Urbex Exploration Urbaine Grand Palais et Tour Eiffel des toits de Paris la nuit

Cette discipline de l’Exploration Urbaine consiste à sortir de la vision commune des villes en prenant de la hauteur. Il s’agit de visiter les toits des immeubles, bâtiments divers, grue, tour de grande hauteur afin d’avoir un autre regard sur la ville. On constate par la même occasion le travail effectué par tant d’homme non visible par les badauds : couverture des toits, décorations, sculptures en haut d’une église ou cathédrale, inscriptions et aménagements divers. Ces sorties sont aussi propices à la sérénité, observer la ville qui grouille de personnes mais dont on ne perçoit que quelques rares bruits, nous fait prendre du recul sur la ville pour mieux se l’approprier et la supporter dans le quotidien plus oppressant / stressant. Les toits de Paris la nuit sont un spectacle assez peu commun et permettent de photographier la capitale sous un autre angle.

Cataphilie : visite des carrières et mines souterraines

Urbex Exploration Urbaine Cataphile Carrière Souterraine

Une activité très répandue en Exploration Urbaine consiste en la visite des cavités souterraines creusées par l’homme à l’inverse des spéléologues qui visitent les cavités naturelles. Cela regroupe la visite des carrières, mines, caves, cryptes, troglodytes, galeries techniques soit tous les souterrains construits par l’homme. Le terme cataphile désigne une personne qui visite régulièrement les catacombes à Paris, bien qu’une seule petite zone soit réservée à l’ossuaire officiel et par débordement aux ossements stockées à proximité, l’ensemble des anciennes carrières sous Paris sont appelées catacombes de Paris. En fonction des motivations dans la recherche historique ou géologique des lieux cette activité peu s’approcher de la subterranologie. Les souterrains ont l’avantage d’être difficilement accessibles, peu fréquentés voir oubliés, il est alors aisé de trouver des messages des hommes qui y ont travaillé, des messages pendant les guerres.

Friches : industrie, patrimoine à l’abandon

Urbex Exploration Urbaine friche militaire du GIGN

Une friche est un terrain, un site laissé à l’abandon suite à l’arrêt d’une activité qui s’y est déroulé. La plupart du temps il s’agit de friches industrielles mais on croise aussi beaucoup de lieux abandonnés du patrimoine : châteaux, églises, maisons, fort / casemate / bunker militaire tous laissés en friche et abandonnés. Ces lieux sont rapidement repris par la végétation si ils sont bien surveillés et rapidement prit par les ferrailleurs, les pilleurs et les vandales si ils sont trop visibles ou connus. Pour trouver ces sites il s’agit très souvent de recherche sur l’histoire industrielle d’une région, d’une vallée et quelques fois par le fruit du hasard. Pour les friches militaires, la recherche et l’étude des informations historiques oriente beaucoup et il faut aller sur place vérifier et retrouver les accès et les traces des activités passées. Il faut bien prendre en compte que les vestiges des dernières guerres ont bientôt cent ans pour la première guerre mondiale et quatre vingt ans pour la seconde guerre mondiale rendant beaucoup d’indices peu visibles en dehors des circuits touristiques.

Légalité de l’Urbex

Si la plupart des visites sont effectuées sans autorisation des propriétaires des lieux, il faut savoir qu’avant les années 2010, il était normal de faire des démarches supplémentaires lors d’une recherche sur un site pour trouver le ou les propriétaires et faire une demande d’autorisation de visite et de prise de vue. Depuis le début de l’ère Urbex (lieux très médiatisées sur internet) en opposition à la période Exploration Urbaine (lieu tenu secret, information plus confidentielle), les personnes visitant ces lieux postent très rapidement leurs photos sur Internet en laissant beaucoup d’indices permettant une localisation avec peu de recherche.
Exploration urbaine / urbex avec autorisation et accompagnement du personnel de sécurité
De ce fait les lieux sont très rapidement visités par un grand nombre de personnes venant de toute l’Europe voir de plus loin, il en résulte une facilité pour les ferrailleurs et pilleurs qui viennent y récupérer tous les métaux (cuivre, acier), les meubles, les éléments décoratifs voir les matériaux de construction. En 2012 j’ai pu constater plusieurs sites entièrement ravagés en à peine quelques semaines au maximum 2 mois après les premières photos postées. Il est donc à présent impossible pour ces sites d’obtenir des autorisations de visite, à présent ces demandes d’autorisation se font pour des sites surtout très bien protégés où il n’y a pas d’autres possibilités que d’être approuvé.

On peut tout à fait profiter d’une friche industrielle lors d’une sortie Urbex avec une autorisation et l’accompagnement du personnel de sécurité. Ils sont d’excellents guides et connaissent très bien le site permettant de bien explorer un site dans ses moindres recoins. Ils enlèvent aussi la lourde tâche des passages dangereux dont il est difficile d’évaluer la solidité, ces endroits ont été testé par les responsables sécurités des sites et sont donc sûrs ou interdits. Cela permet de se concentrer sur le lieu et d’alléger la surveillance proactive de la sécurité de soi-même, de ses camarades et du matériel.

Philosophie des explorateurs ou urbexers

Le principe d’une exploration c’est d’entrée sur un site sans rien détruire ou casser, sans laisser de traces de son passage, sans se blesser et ressortir avec uniquement des images dans sa tête et dans son appareil photo. Les anglais ont bien résumés ces principes avec les phrases :

  1. « take only photographs » : ne prendre que des photos
  2. « leave only footprints » : ne laisser que des empruntes de pas
  3. « break only silence » : ne briser que le silence

Malheureusement là aussi les explorateurs urbains des années post 2010 appelés urbexer, souvent surnommés les explorateurs Facebook en référence à ce réseau social pratiquement le seul endroit où ils trouvent de nouveaux lieux, n’hésitent pas à entrer directement sur un site en fracturant un cadenas, une porte, une vitre sans même essayer de prendre le temps de chercher une alternative non destructrice. Ces comportements commencent à rendre l’image des explorateurs moins positive qu’avant, ils deviennent alors aussi vandale que les ferrailleurs et les pilleurs et tombent de ce fait sous le coup de la violation de propriété privée aggravée par l’effraction commise pour y entrer.

A cela on peut ajouter la méconnaissance évidente des lieux visités par ces nouveaux explorateurs qui engendre des risques d’accident voir pratiquement dans tous les cas de mort. La médiatisation de l’Exploration Urbaine y est aussi pour beaucoup et si les anciens explorateurs ne souhaitaient pas se montrer sur les médias, ils ont laissé la place à des jeunes montrant une image fausse de ces activités, à présent les explorateurs sont plus ouvert à parler et montrer aux médias leurs activités sous condition que ces derniers ne recherchent pas de sensationnalisme. On peut citer quelques exemples d’accidents graves récents comme la mort de jeunes dans deux friches industrielles, une à Rouen, l’autre à Conches-en-Ouche (article du Parisien 2012). Ou encore trois jeunes perdus dans les catacombes de Paris (article du Monde 2011).

Mémoire photographique

Terminons sur une note plus positive, ces activités d’Exploration Urbaine / Urbex sont sous un effet de mode indéniable grâce à la médiatisation, mais il est important de noter que ces lieux ont au moins le mérite d’avoir une couverture photographique avant leur disparition ou leur pillage et serviront peut être aux historiens du futur pour mener à bien leurs recherches. C’est dans cette optique en tout cas que mon travail s’oriente, témoigner de ce qui ne sera plus visible sous peu. Le risque de terrassement des friches industrielles, châteaux effondrés / incendiés, maisons détruites par des promoteurs immobiliers, carrières / mines injectées / effondrées, sont autant de motivation pour faire de nombreux déplacements afin de photographier ces lieux.

Retrouvez le site Boreally Exploration Urbaine Urbex dans la catégorie Cultures alternatives : Cultures urbaines

Une réponse

  1. Aeronomy shelter | RemixRun 23 septembre 2013 à 0 h 42 min ·

    […] Je pensais jusqu’à très récemment, que le CNRS était toujours en activité. C’est faux, il a été vidé depuis 2010. On a du mal à se faire à cette idée, avec la route, la barrière levée et tout le toutime. Ça paraissait plausible. Je sais que la batterie au niveau du réduit de Verrières n’est plus visible. Visiter l’ancien Service d’Aéronomie m’intéresse cependant. Je contourne le grillage. Trouver la brèche. Là, on se dit qu’un bon Leatherman ne serait pas de trop. Pas pour découper les barreaux, le but de l’urbex étant de ne laisser aucune trace ni de créer aucune nouvelle porte d’entrée, afin d’éviter le passage et la dégradation accélérée des lieux. Ça me semble le principe de base, inscrit à la toute première ligne du codex urbex universel. A bon entendeur… […]

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